Ouvrir un compte Microsoft 365 prend quelques minutes. C’est justement là que les ennuis commencent. Beaucoup de PME achètent quelques licences, créent les utilisateurs et se mettent au travail. Quelques années plus tard, on retrouve des boîtes mail d’anciens collaborateurs, des fichiers éparpillés dans des OneDrive personnels et des comptes protégés par un simple mot de passe. Ce guide passe en revue ce qui compte vraiment lors de la mise en place. Il ne remplace pas un conseil personnalisé, mais il vous aide à poser les bonnes questions.
1. Choisir la bonne licence
Les forfaits Business sont conçus pour les PME. Ils se distinguent surtout par leur contenu :
- Business Basic : messagerie Exchange, Teams, SharePoint et OneDrive. Office uniquement dans le navigateur et sur mobile.
- Business Standard : tout Basic, plus les applications Office à installer, comme Word, Excel et Outlook.
- Business Premium : tout Standard, plus les fonctions de sécurité. On y trouve Intune pour gérer les appareils, Entra ID P1 avec l’accès conditionnel (Conditional Access) et Defender for Business.
Tout le monde n’a pas besoin de la même licence. Une personne qui consulte seulement ses mails à l’atelier peut se contenter de Basic. Pour une entreprise qui traite des données sensibles, Premium vaut souvent la peine, car il permet de sécuriser appareils et accès de manière centrale. Vérifiez aussi à la commande si Teams est compris dans le forfait ou s’il faut le licencier à part.
2. Votre domaine et les enregistrements DNS
Vos adresses doivent porter votre propre nom de domaine, du type nom@votre-entreprise.ch. Pour cela, quelques enregistrements DNS sont ajoutés chez le gestionnaire de votre domaine. Les principaux, en clair :
- MX : indique où les mails destinés à votre domaine doivent être livrés.
- SPF : liste les serveurs autorisés à envoyer des mails au nom de votre domaine. Il n’existe qu’un seul enregistrement SPF par domaine. Si un outil de newsletter ou votre logiciel de facturation envoie aussi des mails, il doit figurer dans ce même enregistrement.
- DKIM : ajoute une signature numérique aux mails sortants. Le destinataire peut ainsi vérifier que le message n’a pas été modifié en route. DKIM doit être activé explicitement dans Microsoft 365.
- DMARC : définit le sort des mails qui échouent aux contrôles SPF et DKIM. On commence en simple observation, puis on durcit la règle par étapes.
Sans ces enregistrements, vos mails finissent plus souvent dans les indésirables. Et des escrocs peuvent plus facilement envoyer des messages qui semblent venir de chez vous.
3. Protéger les comptes : la MFA pour tous
Un mot de passe volé reste la porte d’entrée la plus courante dans un compte Microsoft 365. L’authentification multifacteur (MFA) demande une confirmation supplémentaire, par exemple dans l’application Authenticator. Elle doit être activée pour chaque compte, pas seulement pour la direction.
Sans licence Premium, les paramètres de sécurité par défaut (Security Defaults) offrent une bonne base. Ils imposent la MFA et bloquent les anciennes méthodes de connexion. Avec Business Premium, l’accès conditionnel prend le relais. Il permet des règles plus fines, par exemple n’autoriser que les appareils gérés ou bloquer les connexions depuis certains pays.
4. Des boîtes partagées plutôt que des licences en plus
Une adresse comme info@ ou compta@ n’a pas besoin d’un utilisateur à part entière. Une boîte aux lettres partagée (Shared Mailbox) ne requiert pas de licence jusqu’à une certaine taille. Plusieurs personnes y accèdent, et vous savez à tout moment qui en a l’accès. Vous économisez des licences et évitez qu’un mot de passe commun circule dans le bureau.
5. Teams et SharePoint, avec une structure claire
OneDrive est fait pour les fichiers de travail personnels. Les données de l’entreprise ont leur place dans SharePoint ou dans Teams. Sinon, des documents importants restent liés à une seule personne et deviennent introuvables quand elle est absente ou quitte l’entreprise.
- Créez peu d’équipes ou d’espaces, avec des noms clairs : direction, administration, projets.
- Attribuez les droits par groupes, pas personne par personne.
- Définissez qui peut partager des fichiers avec l’extérieur, et pour combien de temps les liens restent valables.
- Désignez un responsable pour chaque espace.
6. Gérer les appareils de manière centrale
Avec Intune, inclus dans Business Premium, les PC Windows et les mobiles sont configurés de manière centrale. Mises à jour, chiffrement et règles de sécurité sont appliqués partout de la même façon. Un nouvel ordinateur portable peut être remis directement au collaborateur et se configure en grande partie tout seul à la première connexion. En cas de perte, les données de l’entreprise peuvent être effacées à distance.
7. Sauvegarde : ce que Microsoft fait, et ce qu’il ne fait pas
Microsoft garantit la disponibilité du service et protège vos données contre une panne matérielle. Les éléments supprimés passent par une corbeille et peuvent être restaurés pendant une durée limitée. Ce n’est pas pour autant une sauvegarde complète. Si une erreur n’est remarquée qu’après plusieurs mois, ou si un logiciel malveillant chiffre des fichiers synchronisés, cela ne suffit souvent pas. Une sauvegarde séparée des mails, de OneDrive, de SharePoint et de Teams est donc recommandée.
8. Lieu de stockage et protection des données
Microsoft exploite des centres de données en Suisse. Pour les clients suisses, les données principales de Microsoft 365 y sont en règle générale hébergées. Le centre d’administration indique où se trouvent les données de votre tenant. Vérifiez-le, surtout si votre compte est ancien. La nouvelle loi sur la protection des données (nLPD) exige notamment que vous sachiez où les données personnelles sont traitées et qu’elles soient protégées de manière adéquate. Pour les questions juridiques, adressez-vous à un spécialiste.
9. Gérer proprement les départs
Quand quelqu’un quitte l’entreprise, il faut une procédure fixe :
- Bloquer la connexion et fermer toutes les sessions actives.
- Convertir la boîte mail en boîte partagée, pour libérer la licence et conserver les messages.
- Transmettre les fichiers OneDrive au responsable. Après la suppression d’un compte, ils ne sont conservés que pendant une durée limitée.
- Nettoyer les groupes, les équipes et les partages.
- Récupérer et réinitialiser les appareils de l’entreprise.
10. Tout documenter
Notez quelles licences sont en place, qui dispose des droits d’administration, quels enregistrements DNS sont configurés et quelles règles s’appliquent. Cette documentation fait gagner beaucoup de temps en cas de panne, ou le jour où un autre prestataire informatique reprend le suivi.
En résumé
Microsoft 365 est un excellent outil, à condition d’être configuré avec méthode dès le départ. L’essentiel : la MFA pour tous, des enregistrements DNS corrects, un classement clair dans SharePoint et une sauvegarde séparée. Une mise en place soignée demande un peu de temps au début et en fait gagner beaucoup ensuite. Notre façon de procéder est décrite sur la page Microsoft 365 et Windows. Si vous souhaitez confier le suivi au quotidien, découvrez notre support informatique pour PME. Et pour que votre équipe utilise ces outils en confiance, nous proposons des formations sur site.
Pour savoir ce que coûte ce type d’intervention, lisez Combien coûte le support informatique pour une PME en Suisse ?. Vous aimeriez faire contrôler votre environnement Microsoft 365 ? Réservez un premier entretien gratuit : 15 minutes, par téléphone, sans engagement.

